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Une étude Ahrefs observe que 5,3 % des pages classées dans le top 3 seraient entièrement générées par IA et que 40 % des pages très fortement IA étudiées sont indexées. Ces contenus obtiennent toutefois moins d’impressions en moyenne, sans effondrement systématique de leurs performances après quelques mois.
Ahrefs a analysé plusieurs ensembles représentant au total plus de 300 000 pages afin d’étudier la présence du contenu généré par intelligence artificielle dans les résultats de Google, son indexation et l’évolution de ses impressions.
L’étude a été publiée par Juliette Bègue, responsable marketing France chez Ahrefs, à partir d’analyses réalisées notamment avec Xibeijia Guan, Data Scientist de l’entreprise. Elle prolonge un débat sur lequel Google affirme ne pas appliquer de pénalité spécifique au contenu généré par IA.
5,3 % du top 3 serait entièrement généré par IA
Pour analyser les classements, Ahrefs est parti d’un million de pages présentes dans les dix premières positions de 100 000 SERP en juin 2026.
Environ 150 000 pages disposaient de suffisamment de texte pour que son détecteur puisse estimer leur niveau de contenu IA.
Parmi les pages classées entre la première et la troisième position, 5,3 % sont classées comme 100 % IA par l’outil. La proportion atteint 9 % lorsque le seuil est fixé à au moins 80 % de contenu généré par IA.
À l’inverse, 82,2 % des pages du top 3 présentent un niveau estimé de contenu IA inférieur à 50 %. Plus de la moitié, soit 54,7 %, se situent sous le seuil de 20 %.
Les données montrent donc que les pages très fortement générées par IA restent minoritaires dans les premières positions, mais qu’elles peuvent néanmoins y apparaître.
Cette observation complète les précédentes déclarations de Google sur sa position concernant le contenu généré par IA.
Le contenu fortement IA reste présent dans tout le top 10
Ahrefs a ensuite comparé le niveau estimé de contenu IA selon la position occupée dans les résultats.
En première position, 8,4 % des pages dépassent 80 % d’IA, contre 11,7 % en dixième position.
L’écart reste progressif. Le niveau moyen estimé de contenu IA passe de 27,1 % en position 1 à 30,9 % en position 10.
La médiane évolue elle aussi relativement peu, de 17,1 % à 19,5 % entre ces deux positions.
Ahrefs observe ainsi une corrélation entre une utilisation plus importante de contenu IA et des positions légèrement moins élevées, mais aucun niveau du top 10 n’est dépourvu de pages classées comme fortement générées par IA.
Ces résultats contrastent notamment avec certains cas où des stratégies de production massive ont connu une forte hausse puis une chute du trafic SEO.
Le taux d’indexation passe de 49,28 % à 40,35 %
Ahrefs a mené une deuxième analyse consacrée à l’indexation.
Un million de pages ont été échantillonnées dans la base de son crawler, à raison d’une URL par domaine. Environ 100 000 disposaient d’un volume de texte suffisant pour appliquer le détecteur de contenu IA.
Le taux d’indexation atteint 49,28 % pour les pages faiblement IA, contre 43,38 % pour le niveau modéré et 40,72 % pour le niveau élevé.
Dans le groupe affichant au moins 80 % de contenu IA, le taux reste de 40,35 %.
Ahrefs considère une URL comme indexée lorsqu’elle présente au moins un classement organique identifiable, une impression dans Google Search Console depuis janvier 2026 ou une correspondance exacte lors d’une recherche site:.
L’utilisation importante d’IA est donc associée dans cet échantillon à un taux d’indexation inférieur, mais l’étude ne fait apparaître aucun blocage systématique des pages concernées.
La question de la qualité des contenus a déjà été abordée par Google à travers différents systèmes, notamment ceux associés au Helpful Content et à l’évaluation de l’utilité.
Les pages peu IA obtiennent deux à trois fois plus d’impressions
Une troisième partie de l’étude s’appuie sur des données Google Search Console afin de suivre les performances dans le temps.
Ahrefs a constitué quatre groupes comprenant 28 643 pages faiblement IA, 23 498 modérément IA, 12 911 fortement IA et 15 809 très fortement IA.
Sur les périodes étudiées, les contenus faibles ou modérés en IA reçoivent entre deux et trois fois plus d’impressions que les groupes fortement ou très fortement générés par IA.
En revanche, Ahrefs n’observe pas d’effondrement brutal après quelques mois pour les deux groupes les plus fortement IA. Leurs niveaux d’impressions restent relativement stables dans les deux panels suivis.
L’étude ne permet pas d’attribuer directement l’écart de performances à l’utilisation de l’intelligence artificielle. Ahrefs souligne notamment que les sites publiant massivement du contenu IA peuvent être plus récents ou disposer initialement de moins d’autorité.
L’éditeur rapproche également ces résultats des problèmes rencontrés avec les contenus IA produits à bas coût et à grande échelle.
La détection IA reste une estimation
L’ensemble de l’analyse repose sur le détecteur de contenu IA d’Ahrefs, qui estime la proportion de texte susceptible d’avoir été générée par une intelligence artificielle.
L’outil n’analyse que les pages contenant au moins 350 mots. Ahrefs précise également que la détection n’est pas parfaite et que sa méthode n’est probablement pas celle utilisée par Google, si Google emploie lui-même un système de ce type.
Les résultats permettent donc de comparer de grands groupes de pages selon une probabilité de contenu généré par IA. Ils ne permettent pas de déterminer avec certitude l’origine de chaque texte ni d’établir que Google utilise ce critère pour classer ou indexer les pages.