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L’adoption de l’IA agentique progresse en 2026, mais peu d’entreprises ont dépassé la phase de test. Les difficultés de mesure du ROI, de qualité des données et d’intégration freinent encore les déploiements à grande échelle.
Une étude de First Page Sage publiée le 24 juillet 2026 dresse un état des lieux de l’adoption des agents IA dans les grandes entreprises, les structures intermédiaires et les PME.
Le rapport agrège des données issues notamment de McKinsey, Gartner, IDC, d’institutions universitaires et d’entreprises spécialisées dans l’intelligence artificielle. Au total, les études réunies couvriraient plus de 15 000 organisations aux États-Unis et dans le reste du monde.
L’IA agentique y désigne les systèmes capables de planifier, d’enchaîner des décisions et d’exécuter plusieurs tâches sans supervision humaine continue.
Une adoption encore très inégale
Les grandes entreprises affichent le taux d’adoption le plus élevé. Environ 25 % auraient déjà déployé au moins un système d’IA agentique, contre des niveaux plus faibles dans les entreprises intermédiaires et les PME.
Cette adoption reste toutefois définie de manière large. Une organisation est considérée comme adoptante dès lors qu’elle expérimente ou utilise un agent, même sans déploiement complet.
Les entreprises de taille moyenne et les PME enregistreraient la progression annuelle la plus rapide. Le rapport relie cette évolution à l’apparition de solutions prêtes à l’emploi, comme Salesforce Agentforce ou Microsoft Copilot Studio.
Les grandes organisations disposent de budgets et d’équipes plus importants, mais elles doivent aussi intégrer les agents dans des systèmes, des données et des processus plus complexes.
La majorité reste en phase de test
Parmi les grandes entreprises ayant adopté l’IA agentique, 62 % se situeraient encore au stade de l’expérimentation.
Cette proportion atteindrait 70 % dans les entreprises intermédiaires et 80 % dans les PME. Les déploiements complets à grande échelle restent donc minoritaires :
- 13 % des grandes entreprises,
- 5 % des structures intermédiaires,
- 3 % des PME.
Les entreprises intermédiaires affichent le taux le plus élevé de déploiements partiels, avec 18 %, devant les grandes entreprises à 15 %.
Le rapport estime que les ressources déterminent largement le passage à l’échelle. Les entreprises doivent notamment financer l’intégration, les infrastructures, la sécurité et la supervision des agents.
Stades d’adoption de l’IA agentique en 2026
| Stade de déploiement | Grandes entreprises | Entreprises intermédiaires | PME |
|---|---|---|---|
| Expérimentation | 62 % | 70 % | 80 % |
| Déploiement partiel | 15 % | 18 % | 12 % |
| Déploiement complet | 10 % | 7 % | 5 % |
| Déploiement complet à grande échelle | 13 % | 5 % | 3 % |
Le manque de ROI provoque de nombreux abandons
Les projets d’IA agentique ne vont pas tous jusqu’à leur terme.
L’absence de valeur commerciale clairement démontrée serait citée dans 41 % des projets abandonnés. La mauvaise qualité ou l’indisponibilité des données concerne 39 % des cas. Les autres motifs les plus fréquents sont :
- la hausse des coûts, dans 36 % des projets,
- les risques de cybersécurité, dans 30 %,
- le manque de compétences internes, dans 28 %,
- les difficultés d’intégration aux anciens systèmes, dans 25 %,
- la résistance interne au changement, dans 23 %.
Plusieurs causes peuvent être invoquées pour un même projet. Les pourcentages cumulés dépassent donc 100 %.
Les PME sont principalement touchées par la progression imprévue des coûts. Les entreprises intermédiaires cumulent davantage de difficultés liées au ROI, aux compétences et aux fournisseurs.
Dans les grandes entreprises, les problèmes de sécurité, d’intégration et de gouvernance apparaissent souvent plus tard dans le déploiement.
La technologie et la finance en tête
Le secteur de la technologie et des logiciels affiche le taux d’adoption moyen le plus élevé, à 28 %.
Les services financiers suivent avec 23 %. Le commerce et l’e-commerce, les services professionnels et les télécommunications atteignent chacun environ 20 %. La santé et les médias se situent à 19 %, tandis que l’assurance et l’industrie atteignent 18 %.
Les taux les plus faibles concernent :
- la construction, à 12 %,
- l’éducation, à 13 %,
- l’immobilier, à 14 %.
Le rapport associe ces écarts aux budgets disponibles, à la maturité des données, aux contraintes réglementaires et à la capacité des processus à être automatisés.
Même dans les secteurs les moins avancés, les grandes entreprises expérimentent déjà davantage que les structures plus petites.
Le service client constitue le premier usage
L’automatisation du service client est le cas d’usage le plus répandu parmi les entreprises ayant déjà déployé des agents.
Elle concerne 64 % des organisations étudiées. Selon le rapport, ces systèmes pourraient traiter jusqu’à 82 % des interactions de manière autonome dans certains déploiements. La coordination de la chaîne logistique arrive ensuite, avec un taux d’adoption de 58 %, devant la surveillance informatique et la détection des menaces à 53 %.
La génération de logiciels et l’accélération du développement atteignent 51 %. L’automatisation des campagnes marketing concerne 45 % des entreprises.
Les autres usages cités comprennent :
- la qualification des prospects et la gestion commerciale, à 38 %,
- les opérations financières et comptables, à 30 %,
- le recrutement et les ressources humaines, à 24 %,
- l’analyse juridique et contractuelle, à 18 %.
Les processus les mieux définis et les plus répétitifs sont les plus largement automatisés. Les activités soumises à une forte réglementation ou à des données sensibles avancent plus lentement.
Le passage à grande échelle reste limité
Le rapport montre donc une progression réelle de l’IA agentique, mais aussi un écart important entre expérimentation et utilisation généralisée.
La plupart des entreprises testent encore leurs premiers systèmes sans les avoir intégrés à l’ensemble de leurs activités. La qualité des données, la mesure des résultats, les coûts, la sécurité et l’intégration technique restent les principaux obstacles.