Une enquête de Reuters révèle que Meta a ajusté l’affichage de sa base publicitaire Ad Library afin de réduire la visibilité des arnaques aux yeux des régulateurs, sans supprimer ces publicités à la source.
Selon Reuters, Meta a mis en place un « manuel global » permettant d’adapter ses outils de transparence en fonction des exigences réglementaires locales. Les équipes identifiaient les mots-clés utilisés par les autorités pour rechercher des publicités frauduleuses, puis nettoyaient spécifiquement les résultats associés à ces requêtes.
Des campagnes redirigées vers des marchés moins régulés
Cette pratique a eu des effets concrets. Au Japon, les législateurs ont publiquement salué une baisse apparente des publicités frauduleuses dans l’Ad Library. Cette perception a permis à Meta d’éviter une obligation de vérification généralisée des annonceurs, évaluée à environ deux milliards de dollars.
Les documents internes cités par Reuters indiquent également que lorsque certains pays renforçaient leurs contrôles, les campagnes frauduleuses étaient redirigées vers des marchés moins régulés. Un document précise que « les revenus ont été redistribués vers les pays cibles restants », ajoutant que cela valait aussi pour les dommages causés.
Meta n’a pas contesté l’existence de ces documents, mais affirme lutter activement contre les arnaques publicitaires.