Pourquoi certains listicles se classent mieux que d’autres sur Google

Une étude menée sur près de 60 000 requêtes et 3 000 pages identifie les caractéristiques associées aux listicles les mieux classés. Les dates récentes et les nombres dans les titres ressortent, sans prouver que Google favorise directement ces éléments.

Classement Google
Illustration générée par IA — Position Zéro
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Dans cet articleSommaire
  1. Les listicles apparaissent dans plus d’une SERP sur deux
  2. La fraîcheur présente l’association la plus nette
  3. Les listicles numérotés obtiennent de meilleures positions
  4. Les pages du top 3 sont plus longues et plus illustrées
  5. Placer sa propre marque en tête n’explique pas la croissance
  6. Les AI Overviews modifient le rôle des listicles
  7. L’échantillon ne couvre que les pages encore classées

Dans une analyse publiée le 2 septembre 2026, Kevin Indig étudie les performances des listicles. Ce terme désigne les articles construits sous la forme d’une liste, d’une sélection ou d’un classement.

Conseiller en croissance organique, Kevin Indig a dirigé des équipes SEO et Growth chez Shopify, G2 et Atlassian. Son travail compare les résultats selon le format des pages, leur date, leur volume, leurs images, leur structure et la place accordée aux marques qui publient ces contenus.

Les listicles apparaissent dans plus d’une SERP sur deux

Le premier volet de l’étude porte sur 59 984 pages de résultats issues de 60 000 requêtes en anglais américain, réparties entre 15 secteurs.

Au moins un listicle apparaît dans le top 10 pour plus d’une recherche sur deux, avec une proportion exacte de 55,1 %. Ce format atteint le top 3 pour 32,3 % des requêtes examinées.

Les résultats varient fortement selon l’intention exprimée dans la requête. Google affiche 5,3 fois plus de listicles lorsque l’internaute demande explicitement un ensemble d’options.

Leur présence dans le top 10 va de 42 % dans le divertissement et les jeux à 67,2 % dans la beauté et la mode. Les listicles publiés par des marques apparaissent dans 46,2 % des résultats consacrés aux logiciels B2B.

Kevin Indig ne constate aucun recul général des listicles. Entre janvier et août, seuls 52,5 % des mots-clés ont conservé la même URL en première position. Les classements ont beaucoup évolué, mais ce format reste largement présent.

Les éditeurs occupent 46,8 % des meilleures positions obtenues par un listicle, contre 19,2 % pour les marques et les fournisseurs. Lorsqu’un éditeur et une marque apparaissent sur la même page de résultats, le premier se classe devant dans 54 % des cas.

La concurrence ne vient pas uniquement des résultats organiques traditionnels. Reddit ou YouTube apparaissent dans 92 % des SERP qui contiennent un listicle. Un AI Overview est présent pour 83,7 % des requêtes en moyenne, et pour 93,4 % des recherches consacrées aux logiciels B2B.

La fraîcheur présente l’association la plus nette

Kevin Indig a ensuite examiné plus de 15 variables sur un échantillon équilibré de 3 000 listicles. La date produit le résultat le plus stable après la prise en compte du secteur, de la formulation de la requête et du type de page.

Une date située dans les deux années précédentes apparaît sur 66,6 % des pages du top 3, contre 57,3 % de celles classées entre les positions 8 et 10. Dans cette comparaison, la fraîcheur ressort le plus parmi les caractéristiques étudiées.

À l’inverse, une date ancienne ou illisible apparaît sur 8,2 % des pages du top 3 et sur 15,1 % des résultats situés entre les positions 8 et 10.

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Lorsque l’analyse ne conserve qu’une page par domaine, cette situation est associée à 56 % de chances en moins d’atteindre le top 3. Le résultat ne démontre pas que la date constitue directement un facteur de classement de Google. Les contenus actualisés peuvent présenter d’autres qualités que l’étude ne mesure pas.

Les listicles numérotés obtiennent de meilleures positions

L’étude distingue deux formats. Les listicles numérotés annoncent une quantité dans leur titre ou leur extrait, comme « 17 outils de gestion de projet ». Les sélections éditoriales présentent plusieurs options sans préciser leur nombre.

Sur 6 114 pages de résultats où les deux formats sont présents, les listicles avec un nombre devancent les sélections éditoriales dans 56,8 % des confrontations.

Le meilleur listicle numéroté occupe en moyenne la position 3,77, contre 4,59 pour la meilleure sélection sans nombre. Lorsqu’ils figurent dans le top 10, les premiers atteignent le top 3 dans 55,9 % des cas. Cette proportion tombe à 41,4 % pour les seconds.

Le résultat diffère selon les secteurs. Les sélections éditoriales obtiennent de meilleures positions dans les technologies grand public, l’automobile, le fitness et le sport. Les listicles numérotés dominent dans les douze autres catégories.

La taille du nombre annoncé produit également un écart. Les titres qui affichent entre 51 et 100 éléments occupent en moyenne la position 4,11. Ceux qui en annoncent entre 2 et 5 atteignent une position moyenne de 5,85.

Les pages qui affichent de grands nombres dans leur titre atteignent donc plus souvent les premières positions dans cet échantillon. L’étude ne vérifie toutefois pas manuellement si chaque document contient la quantité annoncée.

Le nombre reste un indicateur indirect. Il peut évoquer l’étendue de la sélection, mieux correspondre à la demande de l’internaute ou attirer davantage l’attention. Les données ne permettent pas de départager ces explications.

Les pages du top 3 sont plus longues et plus illustrées

À la médiane, les listicles présents dans le top 3 comportent davantage de mots et d’images. Ils contiennent 21,5 % de texte supplémentaire et 38,9 % d’illustrations en plus que les pages classées entre les positions 8 et 10.

Ces différences résistent mal aux modèles ajustés. Elles ne restent pas stables dans toutes les analyses après la prise en compte des autres variables. Le volume de texte ou d’images ne suffit donc pas à expliquer les positions observées.

Le nombre de sous-titres ne présente pas non plus d’association positive. Une hausse d’un écart-type de leur quantité correspond à une probabilité inférieure de 29 % d’atteindre le top 3, après correction des valeurs particulièrement élevées.

Ce résultat ne montre pas que Google pénalise les pages très structurées. Il indique uniquement que les nombreux sous-titres n’avantagent pas les documents de l’échantillon. Le nombre médian de titres numérotés et de listes ordonnées atteint d’ailleurs zéro dans les deux groupes comparés.

Placer sa propre marque en tête n’explique pas la croissance

Kevin Indig a également examiné 434 listicles B2B publiés par des entreprises. Parmi eux, 83 proposent une véritable comparaison entre le produit de l’éditeur et des solutions concurrentes.

Dans cet ensemble, 62 pages classent leur produit en tête, contre 21 qui accordent la première place à une autre offre. L’autopromotion concerne donc 74,7 % des comparatifs retenus.

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Ces contenus ont connu une progression importante. Entre août 2025 et août 2026, 90,4 % des listicles autopromotionnels ont gagné du trafic estimé, contre 67,3 % de l’échantillon de référence.

Parmi les pages qui possédaient déjà une audience mesurable, la hausse médiane atteint 186 %, contre 20 % pour les autres listicles. Les comparatifs autopromotionnels publiés vers la fin de 2025 ont ainsi progressé 3,5 fois plus que les autres pages étudiées.

Cette différence disparaît presque entièrement après la prise en compte du trafic initial, du secteur, du type de listicle, du classement actuel et des pages appartenant au même éditeur.

L’autopromotion n’est alors plus associée qu’à une progression de 4 %, avec un intervalle compris entre une baisse de 51 % et une hausse de 120 %. Avec une valeur p de 0,91, aucun avantage statistique fiable ne peut être attribué au placement de sa propre marque en première position.

Kevin Indig recommande aux entreprises de justifier leur classement à l’aide de données indépendantes, comme des avis ou des évaluations publiées sur des plateformes tierces. En l’absence de preuves suffisantes, il envisage le recours à un média, un créateur ou un partenaire affilié pour établir la sélection.

Les AI Overviews modifient le rôle des listicles

Dans les résultats organiques, Google affiche souvent des médias, des places de marché ou des sites spécialisés pour les recherches consacrées aux meilleurs produits. Ces tiers établissent une sélection sans que le moteur désigne lui-même l’offre qui mérite la première place.

Les AI Overviews peuvent désormais recommander directement certaines marques dans leur réponse. Kevin Indig y voit une évolution importante, car Google ne se contente plus d’orienter l’internaute vers plusieurs comparatifs.

Une entreprise peut publier un listicle, être utilisée comme source et ne pas apparaître parmi les produits retenus. Des analyses consacrées aux marques citées mais non recommandées ont déjà observé cette distinction dans les AI Overviews.

Les plateformes ne sélectionnent pas non plus systématiquement les mêmes entreprises. Les études sur les recommandations de marques dans Google et ChatGPT montrent des écarts importants entre leurs réponses.

Selon Kevin Indig, cette capacité à formuler directement une sélection peut réduire la valeur des listicles comparatifs dans certains parcours. Leur présence dans Google reste élevée, mais elle ne garantit pas la visibilité obtenue dans les réponses IA.

L’échantillon ne couvre que les pages encore classées

Pour mesurer l’évolution du trafic, Kevin Indig retient les listicles encore classés en août 2026, puis examine leurs performances depuis janvier. Les pages qui avaient déjà disparu des résultats ne figurent pas dans cette comparaison.

Le crawl ne mesure pas la qualité réelle des contenus, les tests effectués sur les produits, l’expérience des auteurs ou les modes de monétisation. L’étude décrit donc les caractéristiques des listicles toujours visibles, sans permettre de les comparer à ceux qui ont entièrement quitté les résultats.

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Jordan Belly
Auteur

Jordan Belly

Rédacteur web SEO à Toulouse, j’interviens depuis plus de vingt ans sur le contenu éditorial, dont plus de douze ans dédiés au référencement naturel. J’accompagne les entreprises dans la construction de leur visibilité en ligne, en m’appuyant sur une veille continue des évolutions de Google et des moteurs basés sur l’IA. Je continue par ailleurs à écrire pour la presse spécialisée (Système D, Le Particulier, UFC Que Choisir…) et suis l’auteur du Guide du rédacteur web (Edi.Pro).

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