Adam Gnuse a comparé les estimations de trafic organique Semrush d’août 2025 et d’août 2026 pour 30 grands éditeurs répartis dans neuf secteurs. Le TOFU désigne les contenus de haut de funnel, destinés à capter des internautes encore au début de leur recherche.
Il a ainsi retenu les pages positionnées sur des requêtes comprenant « qu’est-ce que » ou « comment faire », ainsi que les URL contenant le mot « guide ». L’auteur présente cette classification comme une estimation volontairement large du TOFU.
Le TOFU recule dans les secteurs YMYL
Tous les domaines étudiés dans les secteurs YMYL (“Your Money or Your Life”), c’est-à-dire les sujets susceptibles d’avoir un impact important sur la santé, les finances ou la sécurité des internautes, ont perdu du trafic sur leurs contenus TOFU au cours de l’année observée.
Les glossaires, articles pratiques et guides suivent la même tendance baissière dans ces secteurs. LegalZoom constitue l’exemple le plus marqué du panel, avec un recul estimé à 90 % sur son contenu TOFU.
À l’inverse, les domaines étudiés en cybersécurité et dans les logiciels de marketing et de vente ont tous progressé. Le cloud et les infrastructures terminent également la période en territoire positif.
TOFU et MOFU évoluent souvent dans la même direction
Adam Gnuse a ensuite comparé ces résultats avec des pages davantage orientées milieu de funnel, notamment les contenus positionnés sur des requêtes de comparaison ou contenant des termes comme « meilleur ».
Dans les 30 domaines étudiés, TOFU et MOFU suivent généralement la même direction au sein d’un même secteur. Lorsqu’un secteur progresse, les deux catégories progressent. Lorsqu’il recule, les deux sont souvent touchées.
L’auteur en déduit que, dans cet échantillon, le secteur semble peser davantage que l’étape du funnel sur l’évolution du trafic.
Cette observation ne permet toutefois pas d’établir que le type de contenu n’a plus d’importance. L’échantillon reste limité à de grands éditeurs et repose sur des estimations de trafic tierces.
Local, outils et expertise métier ressortent parmi les pistes citées
Pour 2027, l’auteur identifie plusieurs formats TOFU qui lui paraissent mieux résister aux évolutions de la recherche.
Le premier concerne le SEO local à l’ère de la recherche IA. Gnuse souligne que les AI Overviews apparaissent moins systématiquement sur certaines recherches locales et que les contenus adaptés à une zone précise conservent une utilité pour les utilisateurs.
Les outils interactifs constituent une deuxième piste. Dans une précédente analyse citée par l’auteur, les contenus éducatifs classiques de type tutoriel n’étaient repris par les LLM que dans environ 12 % des cas étudiés, tandis que presque toutes les pages d’outils observées recevaient au moins un peu de trafic issu de la recherche IA.
Gnuse met également en avant l’expertise réelle de spécialistes métier, avec des retours d’expérience, des données originales ou des prises de position plus difficiles à reproduire dans un résumé générique.
Ces formats rejoignent plus largement les contenus à produire en priorité pour la recherche IA.
L’auteur reste réservé sur le contenu IA produit à grande échelle
L’analyse consacre enfin une partie aux stratégies de production automatisée de contenus TOFU.
Gnuse distingue l’utilisation de l’IA dans un processus éditorial de la publication entièrement automatisée de grandes quantités de pages. Il rappelle que plusieurs travaux montrent de meilleures performances lorsque l’IA reste accompagnée d’une intervention humaine importante.
Google affirme de son côté qu’il n’existe aucune pénalité spécifique pour le contenu généré par IA.
L’auteur considère néanmoins que le contenu IA produit à grande échelle présente peu d’intérêt à long terme lorsque les pages restent génériques et proches de ce que les moteurs génératifs peuvent déjà fournir directement.




