Glenn Gabe détaille ces quatre cas dans une analyse publiée le 31 août 2026.
Consultant spécialisé dans le SEO technique, les mises à jour algorithmiques et les pertes de trafic organique, il exerce dans le marketing numérique depuis plus de trente ans. Il accompagne notamment des entreprises dont la visibilité s’est effondrée après une Core Update ou une Spam Update.
Une Spam Update agit comme un correctif antispam
Google dispose de systèmes actifs en permanence pour détecter les pratiques contraires à ses règles. SpamBrain, son système de prévention du spam fondé sur l’intelligence artificielle, fait partie de ce dispositif.
Le moteur annonce une Spam Update lorsqu’il apporte des modifications importantes à ces systèmes. Glenn Gabe compare ces mises à jour à un correctif contre le spam qui parvient encore à se classer grâce aux systèmes principaux de Google.
La mise à jour d’août a commencé le 18 août 2026. Son déploiement mondial concernait toutes les langues.
Google a annoncé la fin du déploiement le 21 août, après deux jours et seize heures. Cette durée réduite n’indique pas que les changements appliqués étaient limités.
SE Ranking avait mesuré une hausse de 82 % des sorties du top 100 par rapport à une période de référence située en juillet. Glenn Gabe a pour sa part étudié plusieurs sites lourdement touchés et retenu quatre cas anonymisés.
Il précise que les mises à jour consacrées au spam de liens constituent une catégorie de mise à jour distincte. Son analyse se concentre donc sur les politiques liées aux contenus, aux architectures automatisées, à l’affiliation et aux fonctionnalités proposées aux internautes.
Un site YMYL perd plus de 200 000 requêtes
Le premier domaine appartient à une thématique que Glenn Gabe qualifie d’ultra-YMYL. Les informations publiées peuvent donc avoir des conséquences importantes sur la santé, la sécurité ou la situation financière des internautes.
Le site a cessé d’apparaître sur plus de 200 000 requêtes d’après les outils consultés. Ces expressions n’ont pas seulement reculé dans les classements. Elles ont complètement disparu des données de visibilité analysées.
Le domaine avait déployé du contenu programmatique à grande échelle dans plusieurs pays. Ses pages étaient construites à partir d’éléments automatisés, auxquels s’ajoutaient des passages identifiés comme générés par IA.
Glenn Gabe décrit une architecture dans laquelle les éléments programmatiques occupent l’essentiel des pages. Les seules parties éditoriales seraient issues d’un modèle de langage.
L’association apparaît d’autant plus sensible dans une thématique ultra-YMYL. L’auteur ne publie ni le domaine concerné, ni les requêtes perdues, ni la proportion exacte de pages affectées.
Il ne présente donc pas l’IA comme l’unique cause de la chute. Le cas associe une production internationale massive, une construction programmatique et des textes générés automatiquement.
Un site affilié reprend les données d’Amazon
Le deuxième domaine fonctionnait comme un vaste site affilié à Amazon. Son système créait automatiquement des catégories et des pages de produits à partir des informations fournies par la plateforme.
Les pages utilisaient des données directement reprises d’Amazon, puis renvoyaient vers les fiches du marchand au moyen de liens affiliés. Certaines catégories affichaient de longues listes de produits sans aucune image.
Des blocs de texte étaient ajoutés sous les listes ou les fiches. Le détecteur employé par Glenn Gabe leur attribuait généralement une probabilité de génération par IA supérieure à 97 %. L’outil n’est pas identifié dans l’étude et ce score ne constitue pas une preuve sur la méthode de rédaction.
Le domaine a perdu sa visibilité sur plus de 14 000 requêtes. Glenn Gabe indique qu’il avait déjà rencontré ce type de structure lors des mises à jour Panda déployées entre 2011 et 2014.
Google classe cette pratique parmi les cas d’affiliation jugée trop légère. Elle correspond à des pages qui reprennent les descriptions et les données d’un marchand sans proposer de tests, d’avis originaux, de comparaisons ou de fonctionnalités supplémentaires.
L’affiliation n’est pas interdite par Google. Ses règles distinguent les pages qui apportent des informations propres de celles qui reproduisent un catalogue commercial au moyen d’un dispositif que plusieurs éditeurs peuvent installer à l’identique.
Dans ce cas, Glenn Gabe estime qu’une reprise demanderait une transformation profonde. Le problème ne se limite pas à quelques textes. Il concerne la manière dont le domaine crée ses catégories, ses pages et sa proposition éditoriale.
Le troisième cas montre un impact à l’échelle du domaine
Le troisième site comptait plus de 1,5 million d’URL dans l’index de Google. Il produisait des pages consacrées à des références précises afin de répondre aux recherches effectuées sur ces produits.
Beaucoup de pages comportaient seulement une photographie et quelques informations disponibles sur d’autres sites. Glenn Gabe juge leur apport propre très limité.
Le domaine possédait aussi plusieurs sections et des contenus publiés par les utilisateurs. Ces contributions lui paraissent authentiques et introduisent une intervention humaine absente des deux premiers cas.
Cette partie restait néanmoins minoritaire. Environ 85 % des pages indexées appartenaient à la section programmatique.
Glenn Gabe signale également une navigation difficile, de nombreuses publicités agressives et une expérience utilisateur dégradée. Il relève par ailleurs un sentiment négatif à l’égard du site dans différents contenus publiés sur le Web.
La chute n’a pas touché uniquement le répertoire programmatique. Plusieurs sections du site ont reculé, y compris celles qui comportaient des contributions humaines.
Glenn Gabe présente ce cas comme un impact au niveau du domaine. Une section très volumineuse et jugée problématique peut donc coïncider avec des pertes qui dépassent les seules URL issues de cette architecture.
L’auteur rapproche ce comportement de celui observé lors de certaines Core Updates. Il ne fournit toutefois pas le nombre de requêtes perdues par ce troisième domaine.
Le quatrième site redirige les visiteurs ailleurs
Le dernier site comptait plus de 250 000 URL et ciblait des requêtes associées à un secteur que Glenn Gabe qualifie de particulièrement risqué.
Ses pages semblaient proposer un contenu ou une fonctionnalité recherchée par les internautes. Elles ne fournissaient pourtant pas toujours le service annoncé.
Lorsqu’un visiteur utilisait certains liens principaux, il était envoyé vers un autre domaine. Glenn Gabe décrit des redirections vers d’autres sites dont les pratiques lui paraissent encore plus agressives.
Cette architecture peut correspondre à plusieurs politiques antispam. Google interdit notamment les fonctionnalités trompeuses, qui promettent un service avant de conduire l’internaute vers des publicités ou un résultat différent. Ses règles couvrent aussi les redirections qui présentent aux visiteurs une destination inattendue.
Glenn Gabe a également examiné la réputation du domaine à l’aide d’un outil d’IA. Il indique avoir trouvé des signalements antérieurs et des informations préoccupantes sur les régies publicitaires utilisées. Les éléments publiés ne permettent pas d’établir leur rôle dans la chute.
Le site a perdu des positions ou toute visibilité sur près de 25 000 requêtes. Ce volume représentait une part importante des expressions sur lesquelles il apparaissait auparavant.
Le domaine n’a pas été entièrement retiré de l’index. Sa visibilité a néanmoins fortement diminué après la mise à jour.
Une chute peut dépasser les résultats classiques
Glenn Gabe indique que l’impact d’une Spam Update ne se limite pas nécessairement aux liens organiques traditionnels. Un site affecté peut aussi perdre sa présence dans AI Overviews et AI Mode.
Ces interfaces reposent en partie sur les systèmes de recherche et de classement de Google. Une perte de visibilité dans Search peut donc modifier les sources accessibles ou sélectionnées dans les réponses générées.
L’auteur ajoute que ChatGPT peut également être concerné lorsque ses réponses reposent sur des informations récupérées via Google. Dans cette situation, un domaine moins visible dans Search risque aussi d’être moins accessible au système qui construit la réponse.
Les quatre études de cas ne fournissent aucune mesure séparée pour ces interfaces. Glenn Gabe ne précise pas combien de citations ou de présences ont été perdues dans AI Overviews, AI Mode ou ChatGPT.
Son constat porte donc sur la possibilité d’un impact transversal. Il ne permet pas de mesurer sa fréquence ni son ampleur.
L’analyse renvoie à plusieurs politiques antispam
Glenn Gabe ne présente pas l’intelligence artificielle comme la cible unique de la mise à jour. Dans les quatre cas, elle apparaît au sein d’architectures qui comportent d’autres caractéristiques.
L’auteur recommande donc d’examiner plusieurs parties des politiques antispam de Google. Il mentionne notamment l’abus de contenu à grande échelle, l’affiliation légère, les pages satellites, le scraping et le spam publié par les utilisateurs.
Google définit l’abus de contenu à grande échelle comme la création de nombreuses pages dont l’objectif principal est de manipuler les classements plutôt que d’aider les internautes. Cette règle s’applique quelle que soit la méthode employée pour produire les contenus.
Les rapprochements proposés dans les quatre études de cas restent ceux de Glenn Gabe. Google n’a pas indiqué quelles pratiques étaient visées ni quels systèmes avaient été modifiés pendant la Spam Update d’août.
Une récupération exige des changements durables
Glenn Gabe recommande aux propriétaires concernés d’identifier les parties du site qui enfreignent les règles, puis de corriger les violations en profondeur.
La suppression de quelques pages ne suffit pas si le problème provient du fonctionnement général du domaine. Le deuxième cas demanderait par exemple de revoir tout le système d’affiliation et la manière dont les fiches sont produites.
L’auteur conseille également de ne pas réintroduire les mêmes procédés après le nettoyage. Le site doit ensuite poursuivre son développement avec des contenus originaux, une expérience utilisateur plus satisfaisante et une stratégie qui ne dépend pas des pratiques abandonnées.
Google précise que ses systèmes doivent constater plusieurs mois de conformité avant qu’un domaine puisse retrouver sa visibilité. Une correction ne provoque donc pas nécessairement de reprise lors du prochain passage de Googlebot ou de la mise à jour suivante.
Glenn Gabe cite un exemple partagé par Lily Ray dans lequel la récupération avait demandé environ cinq mois. Ce délai reste propre au domaine concerné et ne constitue pas une durée annoncée par Google.
Aucune récupération n’est automatique. Elle dépend des pratiques corrigées, de l’étendue des changements et du temps nécessaire aux systèmes antispam pour réévaluer le site.




