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Plusieurs éditeurs, dont USA Today, Reuters, Politico et People Inc., réexaminent l’accès accordé à Google. Aucun n’a encore annoncé son retrait complet du moteur de recherche.
Selon le Wall Street Journal, plusieurs grands éditeurs américains envisagent de limiter, voire de bloquer, l’accès de Google à leurs contenus face à la baisse du trafic issu du moteur de recherche.
USA Today pourrait bloquer le robot de Google
USA Today Co., qui édite le quotidien national et plusieurs centaines de titres locaux, étudie la possibilité de bloquer le robot d’exploration de Google. Cette décision retirerait ses contenus des réponses générées par l’IA, mais aussi des résultats traditionnels accompagnés de liens.
« Il est temps de prendre position et de dire que cela suffit », a déclaré Mike Reed, directeur général de USA Today Co., au Wall Street Journal.
Selon les données corrigées de Semrush citées par le journal, le trafic organique américain de USA Today a reculé de 18 % entre juin 2025 et juin 2026. L’entreprise précise qu’elle pourrait couper l’accès de Google si cette tendance se poursuit.
Reuters et Politico évaluent aussi leurs options
Des salariés de Politico, propriété du groupe Axel Springer, ont évoqué la possibilité de restreindre l’accès de Google et d’autres robots aux articles gratuits. L’une des solutions étudiées consisterait à installer un mur d’inscription obligeant les lecteurs à s’identifier. Cette mesure permettrait de différencier les visiteurs humains des robots.
Reuters examine également l’intérêt économique de maintenir l’accès de Google à son service d’information destiné au grand public. « Nous étudions certainement les arbitrages économiques entre la recherche et les résumés IA », a déclaré Paul Bascobert, président de Reuters.
Le trafic américain issu de Google aurait diminué de 20 % pour Politico sur un an. La moyenne des douze derniers mois aurait aussi reculé de 35 % pour Reuters, selon les données rectifiées de Semrush publiées par le Wall Street Journal.
People Inc. n’exclut plus un blocage complet
People Inc., qui possède notamment People, Better Homes & Gardens et Travel + Leisure, continue pour le moment d’autoriser Google à explorer ses contenus. Son directeur général Neil Vogel indique néanmoins qu’un blocage complet est désormais envisagé. « Les désactiver et les bloquer entièrement est une possibilité sérieusement étudiée », a-t-il déclaré.
Google ne représentait plus que 25 % du trafic du groupe au premier trimestre 2026, contre plus de la moitié deux ans auparavant. People Inc. cherche parallèlement à développer les applications, les événements et les visites issues des réseaux sociaux.
The Economist ne prévoit pas de quitter complètement Google
The Economist étudie la possibilité d’exclure ses contenus des fonctionnalités de recherche fondées sur l’IA. Le média ne prévoit toutefois pas, à ce stade, de disparaître entièrement de Google Search. Josh Muncke, vice-président chargé de l’IA générative chez The Economist, rappelle que le trafic de Google demeure important, même lorsqu’il devient moins stable ou diminue.
Le groupe attend notamment de voir comment Google appliquera les nouveaux contrôles permettant aux éditeurs britanniques de refuser l’utilisation de leurs contenus dans les fonctions IA sans perdre leur présence dans les résultats classiques. Google n’a pas encore donné de calendrier pour l’extension de ce dispositif à l’ensemble des éditeurs.
Reddit réexamine son accord avec Google
Reddit aurait également discuté d’une restriction de l’accès de Google à ses contenus pour les usages liés à l’intelligence artificielle. Les deux entreprises avaient conclu en 2024 un accord estimé à 60 millions de dollars par an, autorisant Google à utiliser les contenus de Reddit pour entraîner ses modèles.
Cet accord arrive prochainement à échéance. Selon le Wall Street Journal, Reddit évalue désormais l’intérêt de continuer à fournir ses contenus alors que les réponses générées réduisent les clics vers les sites externes. Aucune décision définitive n’a été annoncée.
Google défend les visites générées par sa recherche IA
Google affirme que ses fonctionnalités de recherche fondées sur l’IA envoient plusieurs milliards de clics vers le Web chaque semaine.
L’entreprise assure que ses réponses mettent en avant des liens et permettent aux éditeurs de gérer l’utilisation de leurs contenus. Les médias cités par le Wall Street Journal considèrent toutefois que l’échange devient moins favorable lorsque Google utilise leurs articles pour produire des résumés, sans leur envoyer un volume de visites comparable.
À ce stade, les différents groupes examinent leurs options. Aucun des grands éditeurs mentionnés n’a encore annoncé le blocage total de Google Search.