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Les demandes de retrait DMCA frauduleuses provoquent de plus en plus de dégâts dans Google Search. Plusieurs éditeurs ont vu des contenus légitimes disparaître des résultats à la suite de signalements abusifs.
Le problème n’est pas nouveau, mais il semble prendre de l’ampleur. Des contenus originaux, publiés par leur véritable propriétaire, peuvent être retirés de Google après une demande DMCA mensongère.
Une procédure légale détournée contre des sites concurrents
Google permet depuis longtemps de demander le retrait d’un contenu via un formulaire légal DMCA. Ce dispositif sert normalement à signaler une violation de droits d’auteur.
Mais cette procédure peut aussi être détournée.
Dans certains cas, des tiers déposent de fausses demandes de retrait contre des pages qui ne leur appartiennent pas. Google applique alors le retrait, même lorsque le contenu visé est légitime.
Pour les sites touchés, la conséquence peut être immédiate : l’URL disparaît des résultats Google, parfois pendant plusieurs jours, plusieurs semaines, voire plus longtemps.
Plusieurs médias et sites SEO déjà touchés
Press Gazette a indiqué avoir été touché une deuxième fois par ce type de retrait frauduleux. Search Engine Land a aussi vu du contenu retiré en mars à la suite d’une fausse demande. Moz avait déjà rencontré ce problème en 2022.
Sur Search Engine Roundtable, Barry Schwartz explique voir des plaintes sur ce sujet de manière régulière, avec le sentiment que le phénomène devient plus fréquent.
Google avait déjà poursuivi en justice des entreprises accusées d’utiliser abusivement les demandes DMCA en 2023. Mais le problème reste présent et semble même s’aggraver.
Des retraits qui peuvent durer longtemps
Le risque ne se limite pas à une perte temporaire de visibilité.
Lorsqu’une URL est retirée à tort, l’éditeur doit réagir rapidement pour contester la demande. Plus la notification est traitée tard, plus le retour de la page dans les résultats peut prendre du temps.
Barry Schwartz recommande donc de surveiller attentivement les notifications de retrait DMCA reçues par email ou via les outils disponibles.
Le délai peut varier. Certaines pages peuvent revenir rapidement, mais d’autres restent absentes de Google pendant des jours, des semaines ou même plusieurs mois.
Pedro Dias alerte sur la mécanique du problème
Pedro Dias a détaillé le fonctionnement de ces abus sur LinkedIn.
Selon lui, il est possible de viser un concurrent avec de fausses demandes DMCA sans que l’identité ou la crédibilité du demandeur soit suffisamment vérifiée. Une URL retirée peut ensuite demander au moins deux semaines pour revenir.
Le problème devient plus lourd lorsque plusieurs demandes sont déposées contre les mêmes URL. Dans ce cas, les délais peuvent s’allonger fortement.
Pedro Dias souligne aussi que Search Console ne remonte pas toujours toutes les alertes. Les sites qui ne surveillent que les notifications dans GSC peuvent donc manquer une partie des demandes frauduleuses déposées contre eux.
Un risque de negative SEO difficile à ignorer
Ces abus transforment la procédure DMCA en levier potentiel de negative SEO.
Au lieu d’attaquer un site par des liens toxiques ou du contenu dupliqué, un acteur malveillant peut tenter de faire retirer directement certaines pages des résultats Google.
Le problème est d’autant plus sensible que les pages visées peuvent être parfaitement légitimes. Dans ce cas, l’éditeur ne subit pas une sanction liée à son contenu, mais les effets d’un signalement abusif traité par la procédure de retrait.
Charles Floate a également relayé le sujet, en affirmant qu’un ingénieur lui aurait indiqué que Google connaissait le problème, sans parvenir à l’empêcher complètement.
Le sujet mérite désormais une surveillance dédiée.