Des blogueurs culinaires accusent Google de recomposer des recettes via ses réponses IA, puis de les attribuer à une marque tout en les modifiant. Résultat, un plat raté pour l’utilisateur, et un risque direct pour l’audience et la réputation des sites sources.
Au Etats-Unis, Adam et Joanne Gallagher (Inspired Taste) documentent ce qu’ils appellent des recettes « Frankenstein ». L’IA de Google (AI Overviews ou AI Mode) prélève des éléments chez plusieurs créateurs, affiche parfois le nom d’un site comme source, puis change ingrédients et étapes au point de produire une recette qui n’a jamais été testée telle quelle.
Le problème se joue sur deux plans.
- Trafic : la réponse IA, placée en haut de page, retient l’utilisateur et réduit les clics vers la recette originale.
- Marque : quand le nom d’un éditeur apparaît alors que la recette a été altérée, l’échec en cuisine rejaillit sur lui, comme si la recette venait réellement du site.
L’affaire sort du seul microcosme SEO. Inspired Taste a porté le sujet dans les médias, avec une mise en garde sur des recettes « non testées » et des variantes qui « ne marchent pas ». Dans ce secteur, la riposte juridique reste compliquée, car une recette, en tant que suite d’instructions, se protège mal au titre du droit d’auteur, même si la formulation et les visuels peuvent l’être.
Côté produit, l’enjeu dépasse la cuisine. Une réponse IA qui emprunte, simplifie, puis “re-signe” un contenu sans garantir la fidélité fragilise la confiance des utilisateurs et menace le modèle économique des sites sources. Cette tension alimente aussi, plus largement, les contestations sur AI Overviews, avec plaintes d’éditeurs et enquêtes réglementaires en Europe autour de l’usage de contenus tiers et de l’absence d’opt-out effectif.