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Google teste discrètement des profils éditeurs enrichis dans Discover auprès de 54 médias américains, avec bannières, liens configurables et contenus épinglés. Ces profils offrent surtout un espace de branding et de navigation, sans impact observé sur la visibilité Discover.
Dans une analyse publiée par 1492.vision, Sylvain Deaure et Damien Andell détaillent un test discret lancé par Google autour des profils éditeurs dans Discover. L’étude repose sur le suivi de 46 926 publishers dans sept langues et met en évidence un groupe restreint de 54 médias américains ayant obtenu l’accès à des profils enrichis.
Ces profils permettent notamment d’ajouter une bannière personnalisée, des liens configurables ou des contenus épinglés. Le programme semble réservé à certains éditeurs sélectionnés manuellement par Google.
Des profils Discover plus complets pour certains médias
Les profils éditeurs de Google Discover existent depuis 2025. Ils apparaissent lorsqu’un utilisateur clique sur le nom d’un média depuis une carte Discover.
Pour la très grande majorité des éditeurs, ces profils sont générés automatiquement par Google. Ils affichent notamment :
- le nom du média,
- le nombre d’abonnés,
- des liens sociaux récupérés depuis le Knowledge Graph,
- les contenus récents,
- la mention « Profile generated by Google ».
Depuis mars 2026, un petit groupe de publishers bénéficie toutefois d’options supplémentaires. Les médias concernés peuvent désormais :
- ajouter une image de bannière,
- configurer une zone de liens,
- épingler un contenu,
- choisir l’ordre des réseaux sociaux et des onglets affichés.
La mention « Profile generated by Google » disparaît également sur ces profils revendiqués.
Selon l’étude, il n’existe actuellement aucun formulaire public, aucune option dans Search Console ou documentation officielle pour obtenir cet accès.
54 éditeurs identifiés par 1492.vision
Les auteurs expliquent avoir identifié les médias concernés grâce à un système de monitoring portant sur près de 47 000 publishers dans plusieurs langues. Le groupe repéré rassemble uniquement des sites américains anglophones.
La répartition montre une forte présence des médias locaux :
- 15 médias nationaux,
- 13 journaux régionaux,
- 14 chaînes TV locales,
- 6 marques lifestyle,
- 6 médias spécialisés.
Parmi les exemples cités figurent notamment :
- The Wall Street Journal,
- Newsweek,
- The Boston Globe,
- KTLA,
- Pew Research Center.
Près de la moitié du groupe est composée de médias régionaux ou de télévisions locales, ce qui rejoint les prises de position publiques de Google autour du soutien au journalisme local.
Comment les éditeurs utilisent ces profils enrichis
L’étude montre que les éditeurs ayant accès aux profils enrichis les utilisent surtout comme un espace de branding et de navigation, plus que comme un levier direct de visibilité dans Discover.
La bannière devient un élément de branding
La bannière est l’élément le plus adopté. 41 des 54 éditeurs identifiés en ont ajouté une.
Les médias nationaux privilégient généralement des visuels de marque, autour du logo ou de leur identité graphique, tandis que les médias locaux mettent davantage en avant leur territoire avec des paysages urbains ou des références régionales.
Le format carré domine, avec un ratio 1:1 et une résolution minimale observée de 512 pixels.
Les médias locaux exploitent davantage les liens
33 éditeurs ont activé la fonctionnalité de liens et 31 ont ajouté au moins une destination.
Les liens renvoient principalement vers des rubriques internes, la météo, des directs, des applications ou des pages locales. Certaines chaînes TV locales s’en servent comme d’une couche de navigation supplémentaire vers leurs contenus récurrents.
Les contenus épinglés restent peu utilisés
Même si 52 éditeurs disposent de cette option, seuls 13 l’exploitent réellement.
Les marques lifestyle apparaissent comme les plus actives, contrairement aux grands médias nationaux qui utilisent peu cette fonctionnalité malgré l’accès disponible.
Des descriptions plus éditoriales
38 médias ont remplacé la description automatique par un texte rédigé.
Les chaînes locales adoptent souvent un ton promotionnel, tandis que les grands médias privilégient des formulations plus sobres et factuelles.
Un suivi analytics encore limité
L’étude relève un usage très limité du suivi analytics. Sur 65 liens configurés, seuls trois utilisent des paramètres UTM.
Gothamist fait figure d’exception avec une campagne dédiée au profil Discover.
Facebook domine chez les médias locaux
L’ordre des réseaux sociaux varie selon les types d’éditeurs.
Les télévisions locales placent massivement Facebook en premier, tandis que les médias nationaux répartissent davantage leurs priorités entre Facebook, Instagram, X et YouTube. Les éditeurs spécialisés ou natifs du numérique privilégient plus souvent Instagram.
Un test encore limité, mais à surveiller
L’étude précise que le programme reste actif. Entre deux snapshots espacés de 19 jours, plusieurs éditeurs ont ajouté une bannière, New York Post a activé les liens et jp.wsj.com a rejoint le groupe observé. Aucun média n’a perdu l’accès aux fonctionnalités enrichies.
Les auteurs soulignent toutefois que l’adoption reste partielle. Aucun éditeur n’utilise toutes les options disponibles, et les grands médias nationaux apparaissent moins engagés que les chaînes TV locales ou les marques lifestyle.
Surtout, l’analyse ne montre pas de corrélation entre l’usage de ces fonctionnalités et la visibilité dans Discover. Ces profils semblent donc servir avant tout au branding, à la navigation et à la relation avec l’audience, plutôt qu’à améliorer directement les performances algorithmiques.
L’avis de Position Zéro
Ce test pose une question de fond : qui décide qu’un média mérite plus de contrôle qu’un autre dans Discover ?
À ce stade, Google semble ouvrir ces options à un groupe limité d’éditeurs, sans procédure publique connue. Ce n’est pas anormal pour un test, mais si le dispositif s’élargit, la question des critères d’accès deviendra importante.