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Shaun Anderson publie un long billet après son passage dans l’émission YouTube d’Edward Sturm. Il y propose une lecture très cadrée de l’E-E-A-T, qu’il voit comme un repère pour parler de qualité et de confiance, et non pas une mécanique simple à « activer » pour gagner des positions.
Mise au point sur ce que Google décrit
Anderson repart de la formulation officielle de Google. L’E-E-A-T renvoie à un ensemble d’indices qui aident les systèmes à estimer si un contenu montre des traces d’expérience, d’expertise, d’autorité et de fiabilité. L’auteur présente l’E-E-A-T comme une doctrine interne mise en forme, utile pour expliquer l’objectif des systèmes, à savoir mettre en avant ce qui paraît le plus utile une fois la pertinence établie.
“Ni signal, ni facteur”
Selon lui, l’E-E-A-T ne se range ni dans la catégorie “signal de classement” ni dans celle des “facteurs” au sens classique. Il le traite plutôt comme un cadre descriptif, qui aide à relier plusieurs familles de signaux et des principes de qualité.
Les sujets YMYL
Le billet rattache l’E-E-A-T aux sujets dits YMYL (“Your Money or Your Life”), là où une information erronée peut produire un tort réel. La qualité devient plus stricte sur ces requêtes et les consignes données aux évaluateurs externes s’y appliquent avec plus d’exigence.
Google propose aussi une manière pratique de les repérer.
- Si une personne prudente cherche des sources très fiables pour éviter un préjudice, le sujet se rapproche du YMYL.
- Si la plupart des gens se contentent d’un avis informel, le sujet se situe plutôt hors YMYL.
Plus l’enjeu utilisateur monte, plus la demande de fiabilité monte.
“Ajouter de l’E-E-A-T”
Anderson répond à une idée répandue dans le SEO : “mettre de l’E-E-A-T sur une page”. Anderson rejette cette approche. Pour lui, on ne colle pas une doctrine à un contenu comme on ajoute un module.
Il décline ce rejet à trois niveaux :
- Sur une page : l’E-E-A-T sert surtout de grille de lecture, par exemple pour analyser une baisse de visibilité, pas de checklist qui produirait un effet direct.
- Sur un site : le poids majeur provient de la réputation hors site, donc de signaux que l’éditeur contrôle peu.
- Sur le contenu : les déclarations auto-attribuées ne valent pas grand-chose si l’écosystème ne les confirme pas.
La confiance se construit surtout hors site
Anderson met l’accent sur la réputation externe. Il évoque la valeur d’une recommandation tierce, sans sollicitation, issue d’une source respectée. Dans sa logique, le lien reste une forme forte de recommandation, et les mentions comptent aussi, surtout dans un environnement où les produits IA réutilisent des citations et des sources.
Quand la réputation externe manque, la manière dont le site se présente (identité, transparence, informations éditoriales, pages légales et contacts) devient une base importante pour l’évaluation de qualité, car l’algorithme et les évaluations disposent de peu d’indices externes.
Son angle “IA” : la répétition et la citation comme amplificateurs
L’auteur distingue deux plans :
- Pour l’évaluation de qualité : une affirmation non étayée peut se retourner contre le site si elle paraît trompeuse.
- Pour la visibilité dans des réponses IA : une affirmation, une fois reprise par des sources jugées fortes, peut se diffuser vite et s’installer comme “réputation” de fait, au moins jusqu’à correction.
Il illustre ce mécanisme par une stratégie de communication centrée sur des éléments vérifiables, puis encouragés via des reprises externes.
Pas d’exemption, plutôt une exigence modulée
Anderson conteste l’idée d’un “E-E-A-T inutile” hors YMYL. L’exigence de preuve et de confiance varie selon le contexte, mais la recherche de fiabilité est indispensable. Même sur des thèmes à faible enjeu, un objectif trompeur, une présentation opaque ou une promesse douteuse peuvent tirer l’évaluation de qualité vers le bas.
Les « Google Leaks »
L’auteur affirme ne pas retrouver le terme “E-E-A-T” dans les documents issus du leak qu’il cite, mais il évoque des éléments liés à l’évaluation de qualité des pages (PQ). Il présente ce rapprochement comme un moyen de relier un vocabulaire public (E-E-A-T) à des logiques internes (qualité, réputation, utilité, effort et confiance), sans prétendre à une équivalence mot à mot.