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Une étude menée par Indexing Insight met en avant un écart entre l’index de Google et celui de Bing. Des pages indiquées comme non indexées dans Google Search apparaissent tout de même parmi les sources citées dans Bing AI Answers, Copilot et des produits partenaires. L’analyse s’appuie sur le nouveau rapport AI Performance de Bing Webmaster Tools.
Le rapport AI Performance de Bing Webmaster Tools
Le 10 février 2025, Bing Webmaster Tools a publié un rapport nommé AI Performance. Il propose :
- un graphique qui suit l’évolution des citations et des pages citées dans le temps ;
- un tableau listant, sur une période donnée, les requêtes et les URL citées.
Le tableau inclut notamment :
- Grounded queries : les requêtes pour lesquelles des pages d’un site apparaissent comme sources citées dans des réponses IA.
- Pages : les URL référencées (citées) dans Bing AI Answers, Copilot et des environnements partenaires.
Les pages citées peuvent être exportées, puis croisées avec d’autres jeux de données, dont l’état d’indexation côté Google.
Méthodologie de l’étude
L’étude combine :
- les pages citées exportées depuis le rapport AI Performance,
- des données d’indexation Google issues de l’URL Inspection API, via l’outil Indexing Insight.
Éléments de cadrage fournis par les auteurs :
- Échantillon réduit : 3 sites, de tailles et de secteurs différents,
- 30 000 pages suivies au total, regroupées en catégories pour l’analyse,
- pages suivies décrites comme prioritaires (trafic et revenus),
- pages soumises via sitemaps XML et suivies quotidiennement,
- état d’indexation relevé le 17 février 2026.
Les vérifications au niveau des URL ont été effectuées via l’outil d’inspection d’URL de Google et celui de Bing Webmaster Tools.
Résultat : des pages non indexées dans Google apparaissent parmi les citations Bing AI
En croisant les URL citées dans Bing AI Performance avec leur statut d’indexation Google, l’étude observe la présence de pages marquées comme non indexées dans Google Search parmi les pages citées par Bing AI.
Part des pages citées dans Bing AI Performance qui ne sont pas indexée dans Google, selon les auteurs :
- Site A : 49 %.
- Site B : 7 %.
- Site C : 1 %.
L’étude ajoute que, dans leur échantillon, 98 % des pages citées par Bing AI et non indexées par Google le sont, selon leur classification, pour des raisons liées à des problèmes de qualité de page.
Différences d’échelle et de signaux : l’explication attribuée par les auteurs
L’article associe cet écart à des différences de volume et de signaux disponibles entre les deux moteurs. Les auteurs citent une estimation SparkToro (2024) : environ 14 milliards de recherches quotidiennes pour Google, contre environ 613,5 millions pour Bing.
Ils s’appuient aussi sur des éléments issus du procès antitrust aux États-Unis autour de Google, présentés comme montrant l’importance des données liées aux requêtes pour la gestion de l’index, même si l’article note l’absence de documentation officielle détaillant précisément ces mécanismes.
Dans ce cadre, l’étude attribue le fait que des pages non indexées par Google puissent encore être citées dans Bing AI à un filtrage différent des pages de faible qualité, lié à des signaux et volumes de données distincts.
États d’indexation cités dans l’étude
L’article indique que les pages concernées se retrouvent dans des états de couverture (“coverage states”) associés, selon les auteurs, à des questions de qualité et à une faible priorité de crawl.
Il mentionne aussi le statut “Unknown to Google”. Les auteurs le présentent comme un signal possible d’absence d’indexation ou de sortie d’index, dans le cadre de leur analyse.
Pistes de travail mentionnées par les auteurs
L’étude cite trois axes.
1) Croiser pages citées et données d’indexation
Exporter les URL citées depuis Bing AI Performance, puis les comparer à leur statut d’indexation Google afin :
- d’identifier les pages citées par Bing AI mais non indexées dans Google,
- d’examiner les états de couverture associés à ces pages.
2) Identifier les pages citées mais non indexées
L’article souligne l’intérêt de repérer les pages non indexées dans Google qui restent visibles via des réponses IA Bing, afin d’évaluer leur contenu (notamment en cas de contenu ancien ou jugé faible qualité) et de limiter la mise en avant de réponses potentiellement peu pertinentes.
3) Intégrer ces données aux audits de contenu
L’étude rappelle que les audits SEO s’appuient souvent sur Google Search Console, GA4, les backlinks et les volumes de recherche, sans intégrer systématiquement les pages citées dans Bing AI.
Les auteurs recommandent d’être prudent lors de suppressions, fusions ou mises en “noindex”, car ces actions peuvent toucher des pages encore utilisées comme sources dans des réponses IA.