À l’appel de la News/Media Alliance, des responsables de groupes de presse se rendent à Washington pour soutenir le Stealth Bot Prohibition Act. Digiday, média spécialisé dans l’économie des médias numériques, a interrogé plusieurs participants et acteurs du secteur.
Plus de 300 dirigeants mobilisés à Washington
Des responsables de Condé Nast, Hearst Magazines, USA Today Co., The Seattle Times et du Santa Fe New Mexican font partie des plus de 300 dirigeants attendus. Ils doivent rencontrer des élus fédéraux et leurs équipes au Capitole.
La News/Media Alliance, organisation professionnelle représentant les éditeurs américains de presse et de magazines, coordonne cette mobilisation. Sa présidente, Danielle Coffey, indique que l’opération est deux fois plus importante que celle organisée l’année précédente.
Le projet impose l’identification des crawlers
Le texte H.R. 9915 a été présenté le 23 juillet 2026 par les représentantes Laurel Lee et Valerie Foushee, ainsi que par le représentant Gus Bilirakis. Ce projet bipartisan obligerait les systèmes automatisés à identifier clairement chaque crawler et à déclarer son objectif d’accès.
Le texte vise les robots qui se présentent comme des internautes ou utilisent des proxys résidentiels et des services de scraping pour contourner les contrôles techniques. Lorsque leur identité est dissimulée, les règles du robots.txt ne permettent plus de les reconnaître correctement.
La proposition ne concerne pas uniquement les médias. Elle couvrirait les sites et plateformes numériques confrontés à ces pratiques. Le texte reste à ce stade examiné par le Congrès.
Les éditeurs veulent contrôler l’usage de leurs contenus
Danielle Coffey estime que l’identification des crawlers permettrait aux éditeurs de reprendre le contrôle des accès, de bloquer certains robots IA et de négocier des accords de licence avec les entreprises concernées.
Mike Reed, directeur général de USA Today Co., réclame pour sa part attribution, contrôle et juste rémunération lorsque des productions journalistiques contribuent au fonctionnement de services d’intelligence artificielle. Cette demande rejoint les discussions sur la rémunération de l’usage des contenus.
David Buttle, fondateur du cabinet de conseil éditorial SPUR, précise que le texte n’empêcherait pas tout scraping. Il ciblerait les méthodes de dissimulation et augmenterait les risques juridiques associés à leur utilisation.
TollBit compte plus de 22 milliards de scrapes
TollBit, qui fournit aux éditeurs des outils de suivi et de monétisation des accès automatisés, indique avoir détecté plus de 22 milliards de scrapes attribués à des bots IA au premier semestre 2026. Son analyse porte sur 987 milliards de visites enregistrées par les sites de son réseau.
Sur les sites d’éditeurs suivis par l’entreprise, la fréquence est passée d’une visite de bot IA pour 200 visites humaines au premier trimestre 2025 à un bot pour 31 visites au quatrième trimestre. Ces résultats prolongent le suivi publié par TollBit en 2025.
Le rapport distingue aussi les crawlers autonomes des agents sollicités directement par un utilisateur. Certains de ces agents peuvent accéder à des URL pourtant interdites. Les données de TollBit décrivent les sites analysés par son service, et non l’ensemble du Web.
New York a voté un texte plus ciblé
Le Parlement de l’État de New York a déjà voté un Stealth Crawler Prohibition Act. Celui-ci impose aux robots visitant certaines sources d’information de fournir un user-agent exact et valide, comprenant le produit utilisé, sa version, l’entreprise responsable et la finalité de l’accès.
La version adoptée prévoit une action du procureur général de l’État et des sanctions pouvant atteindre jusqu’à 15 000 dollars par jour et par infraction. Elle reste centrée sur les sources d’information couvertes par le texte new-yorkais, tandis que la proposition soumise au Congrès possède un périmètre fédéral plus large.




