Sommaire
Dan Taylor alerte sur le retour de pratiques de manipulation des liens présentées comme des leviers de visibilité dans les moteurs IA. Selon lui, les risques de pénalité restent les mêmes que pour le SEO traditionnel.
Les services promettant d’améliorer la visibilité dans les moteurs IA se multiplient. Certains reposent sur l’achat de backlinks ou sur la création rapide de liens destinés à renforcer la présence d’une marque dans les réponses générées.
Pour Dan Taylor, contributeur de Search Engine Journal, ces pratiques reprennent des méthodes déjà sanctionnées par Google par le passé.
Les anciennes pratiques changent de nom
Selon lui, les deux principaux leviers de manipulation du référencement ont toujours été les contenus et les liens.
Certaines offres aujourd’hui présentées comme spécifiques au GEO ou à la visibilité IA reposeraient en réalité sur des techniques anciennes : achat de liens, multiplication rapide des backlinks ou utilisation répétée d’ancres optimisées.
Dan Taylor estime que ces méthodes ne deviennent pas moins risquées simplement parce qu’elles sont désormais utilisées pour apparaître dans ChatGPT, Gemini ou d’autres interfaces conversationnelles.
Penguin ciblait déjà les profils de liens artificiels
Google a lancé Penguin en 2012 pour lutter contre les pratiques de manipulation des backlinks. L’algorithme a ensuite été intégré au système de classement principal de Google.
Il ciblait notamment :
- les volumes de liens artificiels ;
- les ancres de liens suroptimisées ;
- les hausses soudaines et injustifiées de backlinks ;
- les réseaux de sites sans cohérence éditoriale ;
- les liens placés dans des contenus sans rapport avec la page ciblée.
Google analyse désormais ces signaux de manière algorithmique et à grande échelle, rappelle Dan Taylor.
Les liens indésirables ne sont pas toujours simplement ignorés
L’intégration de Penguin au système principal de Google a parfois été interprétée comme la fin des pénalités liées aux backlinks.
Selon cette lecture, Google se contenterait d’ignorer les liens artificiels sans sanctionner les sites concernés. Dan Taylor rejette cette idée. Il affirme avoir observé davantage de pénalités liées aux liens au cours de la dernière année que pendant les cinq années précédentes.
Il relie cette évolution à l’achat de backlinks présenté comme un moyen d’améliorer la visibilité dans les réponses IA, sans tenir compte de leurs effets sur Google et Bing.
La visibilité IA reste liée au référencement classique
Les moteurs IA peuvent utiliser plusieurs sources pour construire leurs réponses, notamment les résultats de recherche, les requêtes complémentaires et les contenus déjà connus de leurs systèmes.
La présence d’un site dans ces différentes étapes peut dépendre de sa visibilité dans Google ou Bing. Dan Taylor souligne donc qu’une stratégie de liens destinée à l’IA peut aussi affecter directement le référencement naturel.
Une campagne de backlinks artificiels peut produire peu d’effets dans les outils IA tout en dégradant la visibilité du site dans les moteurs de recherche.
L’achat de backlinks reste une pratique risquée
Les places de marché de liens existaient déjà avant l’arrivée des moteurs génératifs. Google considère depuis longtemps l’achat de liens destinés à influencer le classement comme une violation de ses règles.
Dan Taylor estime que le changement de vocabulaire ne modifie pas la nature de la pratique. Présenter ces liens comme des moyens d’améliorer la visibilité GEO, les requêtes en éventail ou l’intégration dans les données d’entraînement ne les rend pas indépendants des règles du SEO.
Google pourrait de nouveau filtrer ces signaux
Dan Taylor considère que la multiplication de ces pratiques va créer davantage de bruit dans les signaux utilisés par les moteurs. Google pourrait alors ignorer ou sanctionner ces liens, comme il l’a fait lors des précédents cycles de manipulation.
Selon lui, les sites qui n’auront pas utilisé ces méthodes conserveront alors un avantage. Il rappelle que le référencement repose toujours sur la compréhension des recherches, la publication de réponses fiables et la construction progressive d’une véritable autorité.
Les interfaces évoluent vers des réponses conversationnelles, mais les moteurs continuent d’explorer les sites, d’analyser leurs contenus et d’évaluer leurs liens.