Dans Search Engine Land, Kristina Frunze présente la procédure utilisée par son agence auprès d’entreprises SaaS B2B. Fondatrice de WebView SEO, elle travaille depuis dix ans sur des stratégies SEO orientées vers l’acquisition de clients. Son audit porte sur la visibilité acquise en dehors du site de la marque.
Définir les prompts et les concurrents à suivre
La méthode part du principe qu’une partie de la visibilité dans les moteurs IA dépend de mentions obtenues sur des sites tiers. L’audit commence néanmoins par la création d’un point de comparaison propre à la marque.
Kristina Frunze recommande de suivre 20 à 50 prompts sans nom de marque. Ils doivent correspondre à la fin du parcours d’achat, lorsque l’utilisateur compare des solutions, des logiciels ou des prestataires. Les échanges commerciaux et les questions des clients peuvent compléter cette sélection.
Le nombre de prompts suivis dépend de la taille de l’entreprise, de ses marchés et de ses cas d’usage. Les principaux concurrents sont ajoutés au projet, qui doit collecter deux semaines de données avant l’analyse.
Cartographier les sources reprises par les moteurs IA
L’agence extrait d’abord la visibilité sans marque et la part de voix pour chaque moteur. Les résultats de Google AI Overviews, ChatGPT et Perplexity sont séparés afin de repérer les écarts propres à chaque environnement.
Sa grille associe une faible présence dans AI Overviews aux positions obtenues dans Google. Pour ChatGPT, elle examine surtout la présence de l’entité et ses mentions sur le Web. Pour Perplexity, elle vérifie les citations, leur fraîcheur et la présence de la marque dans les annuaires ou les discussions.
À partir des réponses collectées pour les prompts suivis, l’outil classe les sites selon le nombre de fois où les moteurs IA les utilisent comme sources. L’audit retient les 40 sites les plus fréquents, puis examine les pages précises auxquelles ils se réfèrent. Il relève également les requêtes de fan-out, soit les recherches intermédiaires effectuées pour préparer chaque réponse.
Les sources sont classées par type, parmi les médias, annuaires, plateformes d’avis, communautés, concurrents et sites détenus par la marque. L’agence ajoute des données issues d’Ahrefs, puis étudie un échantillon de 20 à 30 pages selon leur format, leur date et la présence du client.
Repérer les absences et les informations à corriger
La méthode isole les pages les plus citées qui mentionnent plusieurs concurrents sans nommer la marque auditée. Cette recherche couvre notamment les comparatifs, les listes de solutions, les profils et les discussions.
Les pages qui citent au moins deux concurrents sont classées selon leur fréquence de récupération. Le premier niveau réunit celles qui dépassent 25 utilisations, le deuxième celles qui en comptent entre 5 et 24, puis le troisième les autres. Les contenus détenus par un concurrent sont écartés des prises de contact.
Cette étape tient compte du poids des citations issues de sites tiers. Elle produit une liste de médias et de pages à contacter pour demander l’ajout ou l’actualisation d’une mention.
L’audit relève aussi les objections associées aux marques, comme un prix élevé, un manque d’intégrations ou une prise en main difficile. Chaque affirmation est reliée à sa source, puis classée comme exacte, obsolète ou issue du discours d’un concurrent. Les avis clients servent à vérifier si le reproche reste présent.
Les annuaires, plateformes d’avis et profils sociaux font l’objet d’un contrôle distinct. Le nom, la description, la catégorie, les tarifs, les notes et la date du dernier avis sont comparés aux informations validées par l’entreprise. Ce travail permet de retrouver les informations obsolètes reprises par les IA.
Organiser les actions sur 90 jours
Le plan repose sur trois axes. Le premier consiste à corriger les profils incomplets, réclamer ceux qui ne sont pas administrés et harmoniser les descriptions publiées dans les annuaires.
Le deuxième vise à obtenir des mentions éditoriales sur les pages prioritaires identifiées pendant l’audit. Les contacts commencent par les sources les plus souvent récupérées, avant de passer au niveau suivant.
Le troisième traite les objections à leur origine. Une information ancienne doit être modifiée sur sa page source. Une affirmation venue d’un concurrent peut donner lieu à un contenu de réponse. Un reproche confirmé par les utilisateurs est conservé dans le suivi.
Au terme des 90 jours, l’agence relance l’audit avec les mêmes paramètres de départ. Elle compare la visibilité par moteur, la part de voix, l’état des annuaires, les principales objections et le trafic référent issu des assistants.



