Une plainte portée par la presse et les acteurs du numérique
Le CPA, la FNPS, le Geste, le SEPM et le Spiil ont déposé leur plainte le 29 octobre. Ces organisations représentent les éditeurs de presse spécialisée, la presse magazine, les médias indépendants en ligne, les éditeurs de services numériques et les acteurs du marketing digital.
La coalition réunit les cinq structures suivantes.
- Le CPA, Collectif pour les acteurs du marketing digital.
- La FNPS, Fédération nationale de la presse d’information spécialisée.
- Le Geste, Groupement des éditeurs de contenus et de services en ligne.
- Le SEPM, Syndicat des éditeurs de la presse magazine.
- Le Spiil, Syndicat de la presse indépendante d’information en ligne.
Leur démarche concerne les pratiques de Google depuis le déploiement d’AI Overviews et d’AI Mode en France, commencé le 22 juillet. Les plaignants dénoncent un lancement décidé sans concertation et ses conséquences sur leur visibilité et leurs revenus.
L’utilisation des contenus et la dépendance à Google au centre des griefs
Les organisations reprochent à Google d’utiliser les contenus des éditeurs pour produire des réponses susceptibles de remplacer la consultation de leurs sites. Elles estiment ne disposer ni d’une transparence suffisante ni d’une maîtrise effective de cette utilisation.
Elles soulignent aussi leur dépendance au moteur pour accéder à leurs audiences. Selon elles, Google exploite leurs contenus dans des conditions inéquitables et favorise ses propres services à leur détriment.
La plainte doit alimenter l’enquête européenne ouverte en décembre 2025 sur l’utilisation des contenus web et des vidéos YouTube par Google pour ses services d’IA. Cette procédure porte notamment sur les conditions d’exploitation de ces contenus et leurs effets sur la concurrence.
Dans leur communiqué, les cinq organisations indiquent vouloir transmettre les documents et les constats recueillis auprès des éditeurs français depuis le lancement des deux fonctionnalités. Elles demandent à la Commission d’examiner leurs conséquences sur la pérennité économique de l’édition numérique et le pluralisme de l’information.
Des pertes de trafic et d’abonnements signalées depuis juillet
Les éditeurs ont comparé plusieurs indicateurs avant et après le 22 juillet, notamment le trafic, la visibilité, la notoriété de marque et les abonnements.
Selon des sources proches du dossier citées par le Journal du Net, ils ont relevé des baisses généralisées de trafic, avec des écarts importants entre les sites et entre les pages d’un même domaine. Leurs observations font également état d’un recul du taux de clics et de la conquête de nouveaux abonnés.
Ces sources rapportent aussi une dégradation du positionnement des marques médias dans les résultats de recherche.




