Dans un entretien publié par Popular Economics, Pietro Valetto, doctorant en économie et sciences sociales à l’université d’Anvers, interroge Nick Fox sur l’IA et les règles européennes. Vice-président senior de Google, responsable de Knowledge & Information, Nick Fox supervise notamment Search. L’échange a été enregistré le 21 septembre à Bruxelles.
Nick Fox décrit la plus forte dégradation de Search
Nick Fox revient sur les changements déployés début septembre, déjà présentés par Google comme la plus forte dégradation de Search de son histoire. Il les rattache à la mise en conformité avec l’article 6(5) du Digital Markets Act, qui interdit aux contrôleurs d’accès de favoriser leurs propres services.
Le dirigeant cite notamment la disparition des prix en temps réel pour certains vols, l’impossibilité de filtrer des hôtels selon les dates du séjour ou la suppression de liens directs vers Google Maps. Il affirme que l’accumulation de ces retraits rend la version européenne de Search moins complète que celles proposées ailleurs.
Nick Fox dit se sentir « triste » d’avoir dû appliquer ces modifications.
Le partage des requêtes oppose Google à la Commission
La décision adoptée en juillet prévoit de contraindre Google à partager des données de recherche avec des moteurs et des chatbots éligibles à partir de janvier 2027. Ces services pourront recevoir, sous une forme anonymisée, certaines informations utilisées par Google pour améliorer Search.
Nick Fox y voit un risque pour la confidentialité. Il évoque les questions liées à la santé, aux finances ou à la vie familiale et redoute leur exposition à des piratages une fois les données transmises à d’autres entreprises.
La Commission européenne affirme avoir prévu une anonymisation à plusieurs niveaux. Le dispositif autorise aussi Google à signaler les bénéficiaires qui présenteraient un risque sérieux en matière de cybersécurité ou de protection des données.
Google a saisi le Tribunal de l’Union européenne le 28 septembre pour contester cette décision ainsi que les mesures d’interopérabilité imposées à Android.
Le dirigeant évoque un recul des protections antispam
Nick Fox affirme que Google a dû réduire certaines protections antispam en Europe. Il ne nomme pas les systèmes concernés, mais assure que cette évolution conduit Search à afficher des résultats de moindre qualité face aux sites qui tentent de manipuler ses algorithmes.
Google avait annoncé séparément, fin août, que les actions manuelles liées à l’abus de réputation de site ne produiraient plus leurs effets dans les résultats affichés dans l’Espace économique européen. La politique antispam reste en vigueur et les sections concernées peuvent être évaluées indépendamment du reste du domaine.
Nick Fox maintient sa position sur les clics
Dans une autre partie de l’entretien, Pietro Valetto explique qu’il ne clique parfois plus sur les résultats lorsque le résumé généré répond à sa question. Nick Fox lui répond que les clics vers le Web restent nombreux depuis Search et ses expériences IA.
Il reconnaît qu’une réponse générée peut suffire pour une question simple. Il affirme que les recherches plus longues, les sujets d’actualité ou le choix d’un restaurant conduisent encore les internautes vers des sources externes.
Nick Fox assure que Google envoie des milliards de clics vers le Web depuis Search et ses fonctions IA. Il ne fournit ni période de référence ni données permettant de comparer leur évolution.




