Quels effets les AI Overviews ont-ils sur Wikipédia ?

Une étude estime à environ 5 % la baisse des visites issues des moteurs vers Wikipédia en anglais après les AI Overviews.Wikimedia constate aussi un recul des pages vues humaines et une pression accrue des robots sur ses serveurs.

Wikipédia
Illustration générée par IA — Position Zéro
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Dans cet articleSommaire
  1. Les éditions française et allemande servent de comparaison
  2. Wikimedia observe aussi un recul des pages vues humaines
  3. Les robots sollicitent davantage l’infrastructure

Mehrzad Khosravi et Hema Yoganarasimhan, chercheurs à l’université de Washington, ont révisé le 2 septembre leur étude sur les AI Overviews et le trafic de Wikipédia. Ce travail, encore non évalué par les pairs, exploite les données publiques de navigation de l’encyclopédie.

Les éditions française et allemande servent de comparaison

Les chercheurs suivent les visites issues des moteurs de décembre 2023 à décembre 2024. Ils comparent près de 500 000 paires d’articles anglais-allemand et 531 000 paires anglais-français, avant et après le déploiement américain des AI Overviews en mai 2024.

Leur modèle mesure l’écart d’évolution entre les éditions. L’édition anglaise reçoit alors environ 40 % de son trafic des États-Unis. Les éditions française et allemande accueillent surtout des lecteurs de pays où les résumés IA ne sont pas encore activés par défaut pendant la période étudiée.

La baisse estimée atteint 5,45 % par rapport à l’édition allemande et 4,82 % par rapport à la française. À l’échelle de Wikipédia en anglais, les auteurs l’évaluent à environ 100 millions de visites mensuelles depuis les moteurs. Il s’agit d’une extrapolation du modèle.

Les premières versions évoquaient environ 15 % de baisse des pages vues quotidiennes. Le passage aux visites mensuelles issues des moteurs et l’ajout des groupes de comparaison ont modifié l’estimation.

Google conteste la possibilité d’isoler son effet, car les données regroupent tous les moteurs. Les chercheurs répondent que Google représente l’essentiel de ce trafic et que leur méthode utilise la date du déploiement. L’analyse n’exclut pas entièrement d’autres évolutions propres au trafic anglophone.

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Wikimedia observe aussi un recul des pages vues humaines

En octobre 2025, Marshall Miller, directeur produit à la Wikimedia Foundation, signalait une baisse d’environ 8 % des pages vues humaines par rapport à la même période de 2024. Ce constat couvre l’ensemble des langues de Wikipédia, et non uniquement les arrivées depuis les moteurs.

La fondation avait auparavant amélioré la détection du trafic automatisé et reclassé des visites de mars à août 2025. Une partie du trafic apparemment humain, notamment depuis le Brésil, provenait de robots capables de contourner les contrôles.

Marshall Miller reliait le recul à l’usage de l’IA générative et des réseaux sociaux pour accéder à l’information. Il précisait aussi que les changements de détection compliquaient les comparaisons dans le temps.

Les robots sollicitent davantage l’infrastructure

Dans leur bilan d’avril 2025, les équipes techniques de Wikimedia rapportaient une hausse de 50 % de la bande passante pour les téléchargements d’images et de médias depuis janvier 2024. Elles l’attribuaient principalement aux robots qui collectent des contenus de Wikimedia Commons pour entraîner des IA.

Les robots représentaient au moins 65 % du trafic le plus coûteux, celui qui atteint les centres de données au lieu d’être servi depuis les caches.

Dans un point publié en mars 2026, puis actualisé en avril, Wikimedia indiquait bloquer ou ralentir environ 30 % des requêtes automatisées de crawlers qui ne respectent pas ses règles. Le graphique associé situe ces requêtes bloquées ou limitées autour de 1,5 milliard de requêtes quotidiennes.

La fondation décrit des robots qui imitent les navigateurs ou passent par des connexions résidentielles pour contourner les limites. Elle privilégie un accès par API, avec des plafonds plus élevés pour les utilisateurs qui s’identifient.

Jordan Belly
Auteur

Jordan Belly

Rédacteur web SEO à Toulouse, j’interviens depuis plus de vingt ans sur le contenu éditorial, dont plus de douze ans dédiés au référencement naturel. J’accompagne les entreprises dans la construction de leur visibilité en ligne, en m’appuyant sur une veille continue des évolutions de Google et des moteurs basés sur l’IA. Je continue par ailleurs à écrire pour la presse spécialisée (Système D, Le Particulier, UFC Que Choisir…) et suis l’auteur du Guide du rédacteur web (Edi.Pro).

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