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Nikki Pilkington revient sur un phénomène récurrent dans le SEO, à savoir la multiplication de tâches perçues comme productives, mais sans impact réel sur la performance.
Le constat posé par Nikki Pilkington, professionnelle SEO basée au Royaume-Uni, est simple : les pratiques évoluent, mais certaines formes d’activité peu utiles restent présentes, sous des formes renouvelées.
Des pratiques anciennes déjà identifiées
Son texte rappelle que ce type de “travail visible” n’est pas nouveau dans le SEO. Parmi les exemples cités :
- soumission massive à des annuaire,
- génération automatisée de contenus,
- création de pages locales quasi identiques à grande échelle,
- usage excessif de mots-clés dans des formats non visibles.
Ces pratiques ont été largement utilisées à différentes périodes, avant d’être progressivement neutralisées par les moteurs de recherche.
De nouvelles formes de tâches à faible impact
Ces logiques persistent aujourd’hui sous d’autres formes, notamment dans le contexte des usages liés à l’IA. Nikki Pilkington mentionne plusieurs exemples.
Ajout de fichiers LLMs.txt
Certains acteurs recommandent la création de fichiers LLMs.txt pour orienter les crawlers IA. L’experte cite un test mené par Reboot Online :
- des pages accessibles uniquement via ces fichiers ont été publiées,
- après trois mois, aucun bot IA ne les avait explorées,
- les mêmes bots continuaient en revanche de crawler d’autres pages du site.
Création de versions markdown des pages
La mise en place de versions markdown des contenus, présentée comme plus adaptée aux modèles de langage, est également évoquée. Nikki Pilkington rappelle certaines prises de position :
- John Mueller (Google) qualifie cette pratique de “stupide”,
- Fabrice Canel (Bing) souligne le risque de double crawl et de divergence entre versions, avec un potentiel problème de cloaking.
Aucune donnée ne montre, selon son article, un avantage lié à l’usage du markdown pour la visibilité dans les moteurs IA.
Ajout systématique de tables des matières
Autre exemple, l’ajout de tables des matières sur des pages courtes. Le texte indique que ces éléments sont parfois déployés sans lien avec la structure du contenu, notamment sur des pages de quelques centaines de mots.
La table des matières est présentée comme un outil de navigation utile pour des contenus longs, mais sans effet démontré en tant que levier de classement.
Un point commun : des tâches visibles et mesurables
L’article met en avant plusieurs caractéristiques communes à ces pratiques :
- elles sont faciles à mesurer,
- elles produisent une activité visible,
- elles peuvent être intégrées dans des processus facturables.
Elles s’inscrivent dans une logique où l’activité est valorisée en tant que telle, indépendamment de son impact réel.
Des tâches qui remplacent des actions plus directes
Le texte souligne également que ces activités peuvent occuper une place importante dans le quotidien, au détriment d’actions plus directes :
- rédaction de contenus répondant à des besoins réels,
- correction de pages existantes,
- envoi de propositions ou de prises de contact,
- traitement de sujets prioritaires.
En SEO, le vrai risque n’est pas de manquer d’optimisations, mais de disperser son temps sur des tâches rassurantes, visibles et facilement “vendables”, au lieu de traiter ce qui fait réellement progresser un site. L’enjeu est moins d’ajouter de la complexité que de faire le tri entre signal faible, effet de mode et travail utile.