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Backlinks et IA : ce que révèle l’étude de SALT sur la visibilité des marques

Robot google et balance

Les réponses génératives prennent une place centrale dans la recherche : Google AI Overviews, ChatGPT, Perplexity, Gemini… Pour de plus en plus de requêtes, les utilisateurs lisent d’abord un paragraphe rédigé par un modèle de langage avant de regarder les liens bleus traditionnels.

Dans ce contexte, une question revient constamment chez les équipes SEO : les signaux historiques comme les backlinks et le Domain Rating (DR) ont-ils encore un poids réel dans la visibilité au sein des réponses d’IA ?

C’est précisément l’objet de l’étude menée par Reza Moaiandin et l’équipe SALT sur un large corpus de sites du secteur du voyage. Le travail ne remet pas les backlinks à la poubelle, mais montre qu’ils ne suffisent plus. Il décrit surtout un paysage fragmenté : tous les modèles ne valorisent pas l’autorité de lien de la même façon.


Ce que l’étude mesure réellement

Pour sortir des impressions et observer des tendances, l’équipe de Reza Moaiandin a constitué un ensemble de 5 825 URL issues de sites de voyage très orientés contenu.

Pour chaque URL, trois types de signaux ont été collectés :

  • Signaux SEO traditionnels
    • Domain Rating (Ahrefs)
    • Nombre de domaines référents
    • Volume total de backlinks
  • Signaux de recherche
    • Estimations de trafic organique
    • Volume de mots-clés positionnés
  • Signaux de visibilité dans les IA
    • Mentions et citations dans :
      • Google AI Overviews
      • ChatGPT
      • Perplexity
      • Gemini

L’équipe a ensuite étudié les corrélations entre ces indicateurs et la présence des URL dans les réponses des modèles. L’objectif était de déterminer si l’augmentation d’un signal (par exemple le nombre de backlinks) allait de pair avec une meilleure visibilité dans les sorties d’IA.


Backlinks : utiles, mais seulement pour certains modèles

Les résultats bruts confirment une intuition fréquente, tout en la nuançant.

ChatGPT, Perplexity et Gemini restent sensibles aux liens

Pour ChatGPT, Perplexity et Gemini, l’étude relève une corrélation modérée entre :

  • Domain Rating,
  • Nombre de backlinks,
  • Nombre de domaines référents.

et le fait qu’une page soit citée ou non.

Dans ces trois environnements :

  • Les pages de domaines plus puissants ont plus de chances de ressortir.
  • Un profil de liens riche et varié augmente la probabilité d’intégrer les réponses.

Reza Moaiandin montre ainsi que l’autorité globale du domaine et la popularité de la page gardent un effet mesurable sur la visibilité dans plusieurs IA grand public.

Google AI Overviews suit une logique différente

Le contraste arrive avec Google AI Overviews (AIO). Là où l’on pourrait s’attendre à une continuité avec le fonctionnement historique de Google Search, l’étude met en évidence une corrélation faible, voire négligeable entre :

  • Domaine puissant,
  • Forte volumétrie de backlinks,

Et fréquence de citation dans les AI Overviews.

L’analyse suggère une chose très simple :

Pour Google AIO, les signaux d’autorité liés aux liens n’expliquent pas, à eux seuls, le choix des sources.

Cela marque une rupture nette avec la logique de la page de résultats classique, où l’autorité du site reste au cœur des classements.


Des pondérations différentes selon les modèles

L’équipe SALT ne s’est pas arrêtée au niveau de chaque métrique. Elle a examiné la similarité de comportement entre les modèles.

Un “cluster” ChatGPT / Perplexity / Gemini

En comparant la façon dont chaque IA réagit aux variations de DR, de backlinks et de domaines référents, Reza Moaiandin observe une forte proximité entre :

  • ChatGPT,
  • Perplexity,
  • Gemini.

Les scores de similarité frôlent 0,95 à 0,98. Une page qui se comporte bien dans l’un de ces environnements a donc de fortes chances d’être également visible dans les deux autres.

Google AIO à part

À l’inverse, Google AI Overviews affiche un comportement nettement distinct.

  • Faible alignement avec les trois autres outils.
  • Poids réduit des signaux classiques de lien dans la sélection des sources.

Dans la pratique, cela signifie qu’un travail de netlinking solide peut favoriser un ensemble d’IA (ChatGPT, Gemini et Perplexity) sans garantir une exposition dans les AI Overviews.

Pour les équipes SEO, la conclusion est qu’il est impossible de miser sur un seul cadre d’optimisation pour l’ensemble des expériences de recherche assistée par IA.


Quand la structure et le contexte prennent le relais des liens

L’étude s’intéresse ensuite à un point souvent moins mesuré : la forme de l’information, au-delà de la simple autorité du domaine.

Les limites du “tout DR”

Deux chiffres résument bien le problème mis en lumière par Reza Moaiandin :

  • Près de un cinquième des domaines avec un DR ≥ 80 se trouvent dans le quartile le plus faible en nombre total de citations IA.
  • Aucun domaine avec un DR ≤ 40 ne se trouve dans le quartile le plus haut en citations IA.

Le message est double :

  • Sans un minimum d’autorité, les chances d’exister dans les IA restent limitées.
  • Au-delà d’un certain niveau de DR, la structure du contenu et sa valeur perçue prennent le relais.

Les caractéristiques des pages souvent citées

En agrégeant les résultats, l’équipe SALT observe plusieurs traits récurrents parmi les contenus régulièrement repris par les IA :

  • Information très structurée
    • Sections claires
    • Intertitres descriptifs
    • Mise en avant des idées principales
  • Contenus à forte valeur informative
    • Conseils pratiques
    • Recommandations de sécurité
    • Informations officielles ou quasi-institutionnelles (avis, notices et consignes)
    • Approche evergreen, indépendante des actualités très courtes
  • URL propres et sémantiques
    • Segmentations logiques par thématique ou par zone géographique
    • Hiérarchie lisible dans le chemin de l’URL

Des pages avec moins de 15 visites organiques mensuelles peuvent apparaître dans des milliers de citations de LLM. La visibilité dans les IA suit donc une logique propre : elle récompense d’abord la capacité à fournir une réponse fiable et bien structurée, et pas uniquement le trafic ou la popularité en SERP.


Autorité : mieux vaut peu de liens, mais les bons

L’étude ne défend pas l’abandon des backlinks. Elle décrit plutôt une réorientation.

La qualité prime sur la quantité

Dans les pages très citées par les IA :

  • Certaines n’ont que un ou deux backlinks externes,
  • ces liens proviennent de sites très pertinents, avec une forte autorité sur le sujet.

Les modèles semblent accorder beaucoup plus de poids à :

qu’à un volume massif de liens peu qualifiés.

Les clusters internes sous-valorisés

Autre observation de Reza Moaiandin : les liens issus de clusters de marques d’un même groupe (par exemple plusieurs comparateurs de voyages appartenant au même acteur) ont peu d’effet visible sur la sélection des sources par les IA.

Les modèles ne traitent pas ces liens comme des signaux forts d’autorité “indépendante”. Cela réduit la portée de certaines stratégies de maillage entre marques sœurs, fréquentes dans les groupes internationaux.


Vers une approche par plateforme, pas par “canal unique”

Une idée se dégage de l’ensemble de l’étude : la recherche assistée par IA ne suit pas un schéma uniforme.

Pour la partie “LLM généralistes”, Reza Moaiandin suggère de considérer ChatGPT, Gemini et Perplexity comme une famille cohérente, du moins en l’état actuel :

  • Sensibilité commune aux signaux liés aux liens.
  • Forte similarité dans la manière d’évaluer DR et domaines référents.

En parallèle, Google AI Overviews se rapproche davantage d’une extension de la recherche Google classique, avec :

  • un socle commun de compréhension documentaire,
  • une couche LLM qui reformule et synthétise,
  • des critères de sélection qui s’écartent des corrélations habituelles avec les backlinks.

Pour une équipe SEO, cela appelle une stratégie à deux niveaux :

  1. Un socle d’autorité et de liens pour les IA généralistes,
  2. Un travail approfondi sur la structure, la clarté et la pertinence des contenus pour les AI Overviews et AI Mode.

Ce que cela change pour votre stratégie SEO

L’étude de Reza Moaiandin ne cherche pas à bouleverser les fondamentaux du SEO, mais elle met en lumière des priorités nouvelles pour la recherche à l’ère de l’IA.

En synthèse :

  • Les backlinks restent utiles, surtout pour ChatGPT, Gemini et Perplexity, mais leur impact varie selon les modèles.
  • Google AI Overviews suit une logique plus proche de la compréhension du document que de la seule autorité par les liens.
  • La structure gagne du terrain : sous-titres, blocs lisibles, URL sémantiques et réponses directes aux questions des utilisateurs.
  • L’autorité compte plus que la volumétrie : quelques liens pertinents peuvent suffire, si le contenu remplit réellement un besoin informationnel fort.
  • La visibilité IA nécessite un suivi dédié : audits de citations, cartographie des pages mentionnées et repérage des angles absents des réponses.

En filigrane, l’étude confirme qu’une stratégie de netlinking isolée ne garantit plus une présence dans les réponses génératives. Le SEO qui vise les environnements IA doit articuler :

  • Autorité du domaine,
  • Clarté du contenu,
  • Structure adaptée à l’extraction d’informations,
  • Compréhension fine des spécificités de chaque modèle.

Les backlinks ne disparaissent pas. Ils s’insèrent dans un ensemble plus large, où la façon de présenter l’information à l’utilisateur – et donc à l’IA – prend de l’importance.

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